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De Wenger à Arteta

Dans le football moderne, l’impatience est devenue la norme. Un mauvais début de saison, une série de résultats négatifs, et le verdict tombe : l’entraîneur saute.
Pourtant, Arsenal FC est l’un des rares grands clubs européens à avoir compris – parfois dans la douleur – qu’un projet sportif solide ne se construit pas dans l’urgence.

L’histoire récente d’Arsenal, de la fin de l’ère Arsène Wenger à l’installation progressive de Mikel Arteta, est une véritable leçon de management, de patience… et de football.

1. Arsène Wenger : plus qu’un entraîneur, une identité (1996–2018)

Pendant 22 ans, Arsène Wenger n’a pas seulement dirigé Arsenal.
Il était Arsenal. Style de jeu, recrutement, formation, culture du club : tout passait par lui. Sous Wenger, Arsenal développe une identité forte, reconnaissable, basée sur :
– La maîtrise technique,
– Le jeu collectif,
– La progression des joueurs,
– Une vision à long terme.

Mais comme souvent avec les grandes histoires, la fin est plus complexe. À partir des années 2010, les résultats déclinent, la concurrence s’intensifie, la pression médiatique augmente. Une partie des supporters réclame le changement.

📌 Avril 2018 : Wenger annonce son départ.

Un moment historique… et un choc structurel pour le club.

2. L’après-Wenger : le vide (2018–2019)

Le vrai problème d’Arsenal n’est pas le départ de Wenger. Le problème, c’est que le club n’avait jamais appris à vivre sans lui. La transition est mal maîtrisée :
– Absence de ligne directrice claire,
– Effectif déséquilibré,
– Projet sportif flou.

Le passage d’Unai Emery symbolise cette période : un entraîneur compétent, mais sans réel cadre global, sans continuité avec l’ADN du club.

📌 Novembre 2019 : Emery est remercié.

Arsenal comprend alors une chose essentielle : On ne remplace pas Wenger par un nom, mais par une vision.

3. L’arrivée de Mikel Arteta : repartir de zéro (décembre 2019)

Quand Arteta arrive, Arsenal est un club en perte d’identité. Résultats irréguliers, standards affaiblis, vestiaire à reconstruire.

Son choix surprend :
– jeune entraîneur,
– aucune expérience comme numéro un,
– une pression énorme.

Et pourtant, le club décide de lui laisser du temps. Pourquoi ? Parce qu’Arteta n’est pas recruté pour des résultats immédiats, mais pour reconstruire un projet, exactement comme Wenger en 1996.

4. Les débuts difficiles : le prix à payer pour construire

Les premières saisons sont compliquées :
– 2 saisons terminées à la 8ᵉ place,
– critiques constantes,
– les doutes des supporters.

Beaucoup de clubs auraient changé d’entraîneur. Arsenal ne le fait pas. Les dirigeants acceptent :
– des résultats imparfaits,
– des choix forts (sorties de cadres, rajeunissement),
– un apprentissage long du modèle de jeu.

👉 Ils privilégient le fond au court terme.

5. La récompense de la patience : une identité retrouvée

À partir de 2021–2022, la progression devient évidente : cohérence tactique, effectif jeune et structuré, pressing organisé, maîtrise collective.

Arsenal redevient : compétitif, régulier, crédible dans la durée.

Le club n’est plus dépendant d’un homme providentiel, mais porté par une culture de jeu claire et partagée.

6. Wenger – Arteta : le lien invisible mais fondamental

Le parallèle est frappant :

  • Wenger a construit une identité sur le long terme.
  • Arteta reconstruit une identité sur le long terme.

La grande différence ? 👉 Arsenal a appris de ses erreurs.

Après Wenger, le club a compris que :

  • changer d’entraîneur ne crée pas un projet,
  • la stabilité est une arme,
  • la patience est une compétence stratégique.

Conclusion : une leçon qui dépasse Arsenal

L’histoire d’Arsenal nous rappelle une vérité simple, mais souvent oubliée : Un projet sportif ne se juge pas sur six mois, mais sur la cohérence entre la vision, le temps et les hommes.

Pour les clubs professionnels comme pour le football de formation, la patience n’est pas une faiblesse.

C’est une preuve d’intelligence. Et Arsenal, après avoir souffert de la fin de l’ère Wenger, a enfin retrouvé ce que le football moderne oublie trop souvent : le temps de construire.

Changer une dynamique : quand le cadre redonne du sens aux résultats

Analyse des deux phases du groupe U13B

Dans le football des jeunes, les résultats ne racontent jamais toute l’histoire. Ils sont une conséquence, jamais une cause.

L’analyse des deux phases du championnat U13B met en lumière une réalité simple : lorsqu’un groupe retrouve un cadre clair, une vision et une exigence cohérente, la dynamique sportive peut basculer très rapidement.

Le graphique qui résume tout

Différence de buts (Jeunesse – Adversaire). La ligne verticale pointillée marque la transition Phase 1 → Phase 2

Lecture rapide : en phase 1, la courbe reste durablement sous zéro (écarts négatifs récurrents). En phase 2, la dynamique bascule immédiatement au-dessus de zéro sur la majorité des matchs, signe d’un renversement net du contenu, de l’attitude et de l’efficacité.

Phase 1 : des résultats lourds, révélateurs d’un mal plus profond

La première phase a été marquée par une succession de défaites sévères, parfois très lourdes, avec des écarts de buts importants et répétés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, mais ils ne doivent pas être lus uniquement sous l’angle du niveau.

Derrière ces résultats, on observait surtout :

  • un collectif fragile
  • peu de repères dans l’organisation
  • une confiance quasi inexistante
  • des joueurs livrés à eux-mêmes dans les moments difficiles

Cette phase 1 n’était pas celle d’un groupe sans potentiel, mais celle d’un groupe désorienté, qui subissait plus qu’il ne construisait.

Phase 2 : une rupture nette, immédiate

Depuis le début de la phase 2, la trajectoire a changé de manière brutale et visible. Il ne s’agit pas d’une progression lente, mais bien d’un changement de direction.

Les résultats deviennent positifs, l’équipe marque, encaisse moins, et surtout montre une autre attitude. Mais au-delà des scores, c’est le contenu qui a évolué :

  • plus de sérieux
  • plus de jeu collectif
  • plus de responsabilités individuelles
  • plus de confiance

Les joueurs ne subissent plus le match : ils y participent pleinement.

Le match d’Oberkorn comme symbole

Le match d’Oberkorn (20–2) n’est pas un aboutissement en soi, mais la démonstration qu’en redonnant un cadre, du sens et de la confiance à un groupe, le contenu, l’état d’esprit et les résultats basculent mécaniquement du bon côté.

Refaire une équipe avant de chercher à gagner

Le travail engagé depuis la phase 2 n’a jamais eu pour objectif premier le résultat brut. Il s’est appuyé sur des principes simples :

  • redéfinir les rôles
  • sécuriser les joueurs mentalement
  • rééquilibrer les responsabilités
  • remettre le collectif au centre

Quand les joueurs savent ce qu’on attend d’eux, quand ils se sentent protégés par un cadre juste, alors le jeu devient plus fluide, plus cohérent, et les résultats suivent naturellement.

Une dynamique sportive et humaine

Ce qui se joue ici dépasse largement un classement ou une série de victoires. Il s’agit de construire une dynamique durable, fidèle à l’identité du club.

Former des joueurs, oui. Mais surtout :

  • transmettre le respect du jeu
  • apprendre à gagner sans arrogance
  • apprendre à perdre sans renoncer
  • grandir ensemble, individuellement et collectivement

Conclusion

Les deux phases racontent une histoire claire : celle d’un groupe qui, une fois réorganisé et remis dans un cadre exigeant, mais bienveillant, a retrouvé le sens du jeu, le plaisir de jouer et la capacité à performer.

Au-delà des scores, c’est là que se trouve la vraie victoire.

#AllezMaer

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