Category Football & Éducation

Une maison belle et solide : bâtir l’avenir de la Jeunesse par la formation

Publié sur le blog Coach Christie — Adaptation et réécriture en français d’après un article de Dan Elvinger paru sur Tageblatt. (Voir l’article source)

Manuel Cardoni (à gauche) et Reinhold Breu
Manuel Cardoni (à gauche) et Reinhold Breu — Photo : Editpress / Claude Lenert (via Tageblatt).

Dans le football comme dans tout projet durable, rien ne tient sans fondations solides. À l’A.S. La Jeunesse d’Esch, cette évidence guide aujourd’hui une réflexion de fond sur l’avenir du club. Une réflexion portée notamment par Reinhold Breu et Manuel Cardoni, deux hommes aux parcours différents mais à la vision convergente.

Lors d’un club d’affaires organisé dans les locaux du Tageblatt à Belval, les échanges ont dépassé le simple cadre sportif. Il a été question d’identité, de formation, de patience et de responsabilité collective. Bref, de ce qui permet de construire une maison belle et solide, plutôt qu’un édifice fragile bâti sur l’urgence.

Construire avant de performer

Ancien directeur de l’École nationale de football, aujourd’hui entraîneur principal de la Jeunesse, Reinhold Breu incarne une approche structurée du développement. Conscient des limites économiques du club face à certaines concurrences, il a fait un choix clair : investir dans la formation et valoriser les talents locaux, notamment ceux issus du centre de la FLF à Mondercange.

Derrière la formule, l’idée est simple : donner du temps de jeu aux jeunes, accepter le droit à l’erreur, accompagner la progression plutôt que multiplier les recrutements sans vision à long terme.

Transmission, identité et responsabilité

Manuel Cardoni connaît intimement la Jeunesse. Ancien joueur du club, aujourd’hui directeur technique de la Fédération Luxembourgeoise de Football (FLF), il insiste sur un point souvent négligé : la dimension humaine de la formation.

Former des joueurs ne se résume pas à produire des résultats. Il s’agit aussi de créer un lien, une appartenance, une identité. Donner le droit à l’erreur fait partie intégrante du processus. Sans cela, il n’y a ni progression, ni fidélité, ni culture club.

Un public intéressé lors du Business Club
Un public intéressé — Photo : Editpress / Claude Lenert (via Tageblatt).

Une orientation déjà lisible sur le terrain

Les premiers signaux sont encourageants. Une large part de l’effectif est aujourd’hui composée de joueurs formés localement, les moins de 23 ans occupent une place réelle dans la rotation, et la Jeunesse affiche un équilibre compétitif cohérent en BGL Ligue, notamment sur le plan défensif.

La philosophie est claire :

  • intégrer l’école de football au projet du club,
  • compléter intelligemment par des profils extérieurs de qualité,
  • construire une continuité entre formation et équipe première.

Conclusion — Une vision que je soutiens pleinement

À mon niveau, j’ai toujours soutenu la démarche de Reinhold Breu. Après plus de vingt ans d’exercice en tant que coach, je sais qu’on ne construit rien de durable dans la précipitation. Bâtir une maison demande du temps, de la méthode et de la cohérence. Même si l’on est parfois contraint de jouer avec le curseur entre performance immédiate et construction à long terme, une chose reste certaine : le travail structuré finit toujours par payer.

Reinhold Breu s’appuie sur des bases solides, héritées d’une culture de formation issue de l’école française dans laquelle j’ai moi-même grandi. Cette approche, fondée sur la patience, la transmission et l’exigence, est un socle fiable. Je n’ai aucun doute sur l’issue positive de cette démarche, pour la Jeunesse, mais aussi pour le football luxembourgeois dans son ensemble.

Voir émerger plusieurs clubs capables de se battre honorablement sur la scène européenne serait bien plus qu’un symbole sportif : ce serait un levier stratégique fort pour revaloriser la BGL Ligue, renforcer son attractivité et crédibiliser son modèle. C’est dans cette logique collective, exigeante et structurée, que se construit un football durable, respecté et ambitieux.


Crédits & sources

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#JeunesseEsch #BGL_Ligue #Formation #Mondercange #FLF #DéveloppementDesJeunes #StratégieClub #IdentitéClub #FootballLuxembourgeois #BusinessClub

U13B – La joie de goûter enfin à la victoire

Victoire 7–1 contre Ehlerange

Préambule

Depuis le début du mois de novembre, j’ai repris progressivement en main le groupe des U13 B, à la suite du départ des deux entraîneurs précédents.

Cette reprise ne s’est pas faite dans l’urgence ni dans l’improvisation, mais avec une volonté claire : stabiliser un groupe fragilisé, redonner un cadre, et remettre des bases de travail simples, lisibles et cohérentes pour les joueurs.

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Désintoxiquer le football des faux héros


Il faut qu’on se le dise franchement : le football, le vrai, celui qui respire l’intelligence et le collectif, est en train d’étouffer sous les faux symboles.

Les dribbles inutiles, les courses en solo, les célébrations ridicules… On a oublié l’essentiel.

Le meilleur joueur n’est pas celui qui garde le ballon le plus longtemps, ni celui qui traverse le terrain comme un torero perdu.

Le meilleur joueur, c’est celui qui pense plus vitecourt plus juste et donne plus tôt.

Celui qui fait briller les autres.

Je le dis sans détour : il faut désintoxiquer nos jeunes de deux poisons.

Le premier, c’est le culte du solitaire.

Le fameux « je garde, je dribble, je tente ». Non. Le football n’est pas un sport d’improvisation permanente. C’est une chorégraphie. Un mouvement collectif.

Et quand un seul danseur rate le pas, c’est tout le groupe qui s’effondre.

Le second, c’est cette obsession du buteur-roi.

Ce n’est pas celui qui marque le but qui est le meilleur. Il ne fait que conclure le travail des autres — ceux qui récupèrent, qui relancent, qui passent, qui ouvrent les espaces. Le buteur n’est que la dernière note d’une symphonie collective. Alors, quand je vois un gamin de 11 ans célébrer un but comme s’il venait de gagner la Coupe du Monde… je ne vois pas de la joie.

Je vois une déconnexion. Une perte de sens.

Le football, c’est l’école de l’humilité.

Celui qui marque baisse les yeux, remercie, et retourne se replacer. Parce que le plus grand respect qu’on puisse avoir pour le jeu, c’est de comprendre que rien ne se gagne seul. Je préfère mille fois un joueur qui fait la passe juste plutôt qu’un joueur qui cherche la gloire personnelle.

Parce qu’à la fin, les buts s’oublient. Mais les comportements, eux, forgent les équipes.


“Le football, ce n’est pas de la magie. C’est de la discipline, du partage, et du respect.” ⚽

Coach Christie

🧭 Référent & Apprenant, Maître & Élève, Leader & Disciple

🧭 Référent & Apprenant, Maître & Élève, Leader & Disciple

La relation la plus complexe et la plus belle du monde

Dans toute relation d’apprentissage, il existe une tension féconde, un fil invisible entre celui qui transmet et celui qui reçoit. On l’appelle parfois référent & apprenantmaître & élève, ou encore leader & disciple. Trois visages d’une même réalité : celle de la transmission vivante.

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